La loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires du 21 juillet 2009 a plusieurs conséquences pour le secteur français de l'hospitalisation privée (mise en place des ARS, refonte de la gouvernance hospitalière, missions de service public, renforcement de la coopération entre établissements, etc.). De plus, la campagne tarifaire 2009 pour les activités de MCO (V11 de la classification des GHS, prise en compte des résultats de l'ENCC, refonte des suppléments aux prix de journée, réintégration des coefficients SCP et de certains dispositifs médicaux) engendre une redistribution des cartes intra-sectorielle (chiffrée à 170 MEUR pour le secteur privé) et inter-sectorielle au profit du secteur public.
Afin de faire face à la concurrence de plus en plus vive de l'hôpital public et limiter l'érosion de leur part de marché sur l'ensemble des spécialités à l'exception du SSR, les cliniques privées doivent aujourd'hui saisir de nouvelles opportunités de développement.
Cette étude répond aux questions suivantes :
Quelles seront les conséquences de la loi HPST de 2009 sur l'activité des cliniques privées ? Quel est l'impact des plans Hôpital 2007 et 2012 sur la situation financière et la politique d'investissement des établissements ? Quelles sont les stratégies des groupes leaders et comment créent-ils de la valeur ? Comment financent-ils leur croissance ? Que rapportent les cliniques privées ? Quelles sont les spécialités les plus rentables ? Quels sont les scénarios s d'évolution des modèles économiques à l'horizon 2012 ?
En 2007/2008, la situation financière des cliniques s'est dégradée après le pic enregistré à la mise en place de la T2A qui a incité les établissements à améliorer leur productivité (basculement vers l'ambulatoire, rationalisation de l'organisation des blocs, etc.). Les polycliniques MCO ont affiché un taux de marge brute d'exploitation de 6,4 % en 2007, en baisse par rapport aux deux exercices précédents, en raison notamment de la hausse des charges locatives indexées sur l'ICC et des frais de personnel.
Dans un contexte de tassement des marges et d'incertitudes liées à l'évolution réglementaire, les cliniques privées doivent poursuivre leurs efforts pour améliorer la rentabilité d'exploitation des établissements, en optimisant la gestion des charges de personnel dans un contexte de pénurie de main d'œuvre, en réduisant la durée moyenne de séjour et en développant la prise en charge en ambulatoire.
Outre ces mesures de rationalisation, des opportunités de développement sont à saisir :
- Poursuivre le renforcement de l'implantation au niveau régional afin de proposer des filières complètes de prise en charge au niveau local. Cette stratégie passe notamment par la cession d'établissements non stratégiques ;
- participer aux coopérations hospitalières public/privé permettant la mutualisation de moyens matériels, médicaux et logistiques ;
- poursuivre les stratégies de développement par croissance externe permettant la création de nouvelles activités (soins de suite et de réadaptation, hospitalisation à domicile, maintien à domicile) et l'extension géographique du réseau existant. En raison de la difficulté de création de structures ex-nihilo, les groupes de cliniques privées poursuivent à marche forcée l'élargissement de leur réseau via l'acquisition d'établissements ou de groupes d'établissements.
Ces stratégies de croissance (ouverture de nouveaux lits, positionnement sur de nouvelles activités, acquisition d'établissements, rénovation des bâtis) nécessitent de lourds investissements
Aujourd'hui, elles semblent peu remises en cause par le durcissement des conditions d'accès aux financements, même si le rythme est susceptible d'être quelque peu ralenti ou que les critères d'investissement soient plus sélectifs.
Ce marché est en effet peu sensible aux cycles car les taux de remplissage sont très élevés, ce qui exclut tout risque de surcapacités et les cash flow sont récurrents. Il est dès lors toujours possible de lever des ressources auprès des fonds d'investissement ainsi qu'en cédant tout ou partie des actifs immobiliers.
La recomposition du secteur français de l'hospitalisation privée devrait donc se poursuivre même si elle est temporairement ralentie par la crise.
- Evaluer l’impact de la loi HPST sur l’activité des cliniques
- Analyser et comparer les performances financières des cliniques privées par spécialité (MCO, médecine, chirurgie, SSR, psychiatrie)
- Comprendre les modèles de développement des groupes leaders
- Anticiper les évolutions stratégiques et capitalistiques à l’horizon 2012