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Travailler dans l’humanitaire : formations, métiers et comment se reconvertir dans ce secteur

Jeune professionnelle heureuse au bureau avec des plantes vertes

Travailler dans l’humanitaire représente bien plus qu’une simple carrière professionnelle. C’est un engagement profond au service des populations vulnérables qui allie compétences techniques et valeurs personnelles. Ce secteur, souvent idéalisé, requiert des qualifications précises et une solide préparation. Contrairement aux idées reçues, la bonne volonté ne suffit pas pour intégrer une organisation non gouvernementale internationale. Les acteurs humanitaires recherchent des professionnels qualifiés capables d’apporter une expertise concrète sur le terrain. Que vous soyez jeune diplômé ou en quête de reconversion professionnelle, découvrez les multiples facettes du travail humanitaire, les formations nécessaires, les conditions d’engagement et les étapes pour concrétiser votre projet d’action solidaire.

Les différents métiers de l’humanitaire : un secteur aux multiples facettes

Le secteur de l’aide humanitaire internationale offre une diversité impressionnante de carrières, regroupées en quatre grandes familles de métiers complémentaires.

Les métiers « programmes » constituent le cœur de l’action humanitaire. Ils englobent :

  • Les professions médicales (médecins, infirmiers, sages-femmes) qui interviennent dans les contextes d’urgence sanitaire
  • Les spécialistes de l’eau et l’assainissement comme les ingénieurs hydrauliques
  • Les experts en construction d’abris tels que les architectes et ingénieurs civils
  • Les nutritionnistes qui élaborent des programmes alimentaires adaptés

Les métiers « supports » garantissent le bon fonctionnement des opérations sur le terrain :

  • La logistique humanitaire qui gère l’approvisionnement et la sécurité des équipes
  • L’administration et les finances qui supervisent les budgets des projets
  • Les ressources humaines qui recrutent et accompagnent les équipes

Les métiers de « coordination » pilotent les projets de développement et d’aide d’urgence. On y retrouve les coordinateurs terrain, les chefs de mission et les responsables de base opérationnelle qui assurent la cohérence des interventions.

Enfin, les métiers « transversaux » comme la gestion de projet humanitaire, la communication et le plaidoyer complètent ce dispositif en renforçant l’impact des actions menées.

Formations et parcours pour intégrer le secteur humanitaire

Les écoles spécialisées

Plusieurs institutions de formation spécialisées préparent aux carrières humanitaires. L’institut Bioforce à Vénissieux propose un bachelor de responsable de l’environnement de travail et de la logistique humanitaire, formation reconnue par les principales ONG. L’École supérieure de commerce et de développement 3A à Lyon forme des managers de l’humanitaire capables de piloter des projets complexes.

D’autres établissements complètent cette offre :

  • L’ISTOM à Angers délivre un diplôme d’ingénieur en agro-développement international
  • L’IFAID à Bordeaux prépare au métier de coordinateur de projet de solidarité internationale
  • IRIS sup à Paris forme des analystes en stratégie internationale
  • L’IRCOM aux Ponts-de-Cé propose un master en management de la solidarité internationale

Les formations universitaires

Le cursus universitaire offre également des parcours adaptés aux métiers du développement. Plusieurs universités proposent des licences professionnelles spécifiques comme à Bordeaux-Montaigne ou Saint-Étienne. Les masters en relations internationales, sciences politiques ou sciences sociales constituent aussi d’excellentes portes d’entrée vers le secteur humanitaire.

Pour les profils techniques, des formations en économie, droit ou sciences complétées par une spécialisation humanitaire renforcent l’employabilité. Un niveau minimum bac+3 est généralement requis, mais l’expérience professionnelle préalable reste souvent déterminante pour accéder à une reconversion professionnelle réussie dans l’humanitaire.

Statuts et conditions d’engagement dans l’humanitaire

Le statut de salarié

Les salariés humanitaires bénéficient d’un contrat de travail formel avec une rémunération clairement définie. Ce statut implique généralement un engagement à plus long terme et requiert une expérience professionnelle confirmée. Les avantages incluent :

  • Une rémunération brute mensuelle fixée selon les compétences et l’expérience
  • Une prime mensuelle d’expatriation représentant 10% du salaire brut
  • Un équivalent de 13ème mois après six mois d’ancienneté
  • 25 jours ouvrés de congés payés annuels complétés par 22,5 jours de RTT

S’ajoutent une couverture médicale complète, une assurance rapatriement et souvent une indemnité logement ou un hébergement en maison collective.

Le Volontariat de Solidarité Internationale (VSI)

Les VSI représentent environ 80% des effectifs humanitaires. Sans être salariés, ils perçoivent une indemnité mensuelle de subsistance de 915€, complétée par une allocation de frais de vie variable selon le pays d’affectation. Le logement est généralement fourni en maison collective et les volontaires bénéficient de deux jours de congés par mois pour les contrats de plus de six mois.

Le bénévolat

Les bénévoles s’engagent sans rémunération, avec tous les frais généralement à leur charge. Certaines associations prennent néanmoins en charge l’hébergement et la restauration pendant la mission. Ce statut convient parfaitement pour découvrir le secteur ou pour des engagements ponctuels.

Il est utile de préciser qu’il est impossible d’obtenir le statut d’expatrié dans son propre pays d’origine.

Compétences et qualités recherchées pour réussir dans l’humanitaire

Compétences techniques

Les ONG recrutent avant tout des professionnels qualifiés dans leur domaine d’expertise. La maîtrise d’une langue étrangère, particulièrement l’anglais ou l’espagnol, constitue souvent un prérequis indispensable. Les compétences en gestion de projet, leadership et entreprenariat sont également très appréciées.

Les profils les plus recherchés incluent :

  • Les professionnels de santé (médecins, infirmiers, sages-femmes)
  • Les experts en logistique et transport
  • Les spécialistes en gestion financière et administrative
  • Les coordinateurs de programmes expérimentés

Qualités personnelles

Au-delà des compétences techniques, certaines qualités humaines essentielles déterminent la réussite dans l’humanitaire :

  • Une capacité d’adaptation exceptionnelle face au manque de confort et à la promiscuité
  • Une tolérance au stress dans des contextes de pauvreté, famine ou maladie
  • Un esprit d’équipe solide pour surmonter les difficultés collectives
  • Une débrouillardise et un sens de l’organisation aiguisés

L’humilité, l’écoute, la bienveillance et l’empathie complètent ce portrait, tout comme l’acceptation de sa relative impuissance face à certaines situations.

Conditions de travail et avantages des missions humanitaires

Conditions financières et matérielles

Les conditions matérielles varient considérablement selon le statut et l’organisation. Pour tous les expatriés, les frais de transport entre le domicile et le lieu de mission sont pris en charge, de même que les frais de visa, vaccins et traitements obligatoires. L’hébergement est généralement assuré, soit directement en maison collective, soit via une indemnité logement.

Les salariés avec famille peuvent bénéficier d’allocations supplémentaires pour conjoint sans emploi et enfants, tandis que certaines missions à contexte sécuritaire difficile prévoient des temps de break avec transport et hébergement pris en charge.

Couverture sociale et sécurité

La protection sociale et médicale représente un aspect crucial de l’engagement humanitaire. Les organisations assurent généralement :

  • Une couverture médicale complète
  • Une assurance rapatriement sanitaire
  • Un suivi sécuritaire permanent
  • Un soutien psychologique en cas de besoin

Le processus de recrutement dans les ONG internationales

Candidature et présélection

Le recrutement dans les organisations non gouvernementales suit un processus rigoureux. Chez Médecins du Monde par exemple, chaque candidature est étudiée minutieusement. Sans réponse après un mois, la candidature n’a généralement pas été retenue.

Les étapes clés du recrutement incluent :

  • L’analyse approfondie du dossier de candidature
  • Un premier entretien avec un chargé de recrutement si le profil correspond
  • Un second entretien technique avec les équipes opérationnelles
  • Une préparation complète avant le départ en mission

Préparation au départ

Avant de rejoindre le terrain, les humanitaires bénéficient d’une préparation complète incluant briefing, formation d’intégration et sensibilisation au contexte culturel. Cette phase essentielle permet d’aborder la mission dans les meilleures conditions.

Comment se reconvertir dans le secteur humanitaire

Identifier ses compétences transférables

La reconversion professionnelle vers l’humanitaire commence par l’identification des compétences transférables. De nombreux métiers développent des aptitudes précieuses pour ce secteur : gestion de projet, compétences techniques, capacités relationnelles ou expérience interculturelle.

Par exemple, un infirmier hospitalier possède déjà les bases pour intervenir en contexte d’urgence, tandis qu’un logisticien d’entreprise maîtrise les fondamentaux de la chaîne d’approvisionnement applicable aux missions terrain.

Compléter sa formation

Pour renforcer sa candidature, plusieurs options de formation s’offrent aux professionnels en reconversion :

  • Des formations courtes spécialisées en action humanitaire
  • Des certificats complémentaires dans son domaine d’expertise
  • Des cours de langues pour améliorer son niveau d’anglais
  • Des modules en ligne sur la gestion de projet humanitaire

Durée et réalités des missions humanitaires sur le terrain

Temporalité des engagements

Les missions humanitaires internationales s’étendent généralement de quelques semaines à un an. Cette flexibilité permet d’adapter l’engagement selon les disponibilités et les contraintes personnelles. Contrairement aux idées reçues, l’âge ne constitue pas un obstacle majeur, puisque toute personne majeure peut s’expatrier jusqu’à 75 ans.

Les réalités du terrain imposent néanmoins une préparation mentale solide. Le quotidien peut être marqué par des conditions spartiates, des horaires irréguliers et une confrontation directe avec des situations de détresse. L’impact psychologique ne doit pas être sous-estimé, ce qui explique l’importance des dispositifs d’accompagnement mis en place par les organisations.

S’engager dans l’humanitaire demande un équilibre entre idéalisme et pragmatisme. Les défis sont nombreux, mais la contribution au développement des populations vulnérables offre une satisfaction professionnelle incomparable.

Romain
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